4ème dimanche de carême

Liturgie domestique de la Parole

Dans les jours et les semaines à venir, nombre d’entre nous serons légitimement empêchés de participer à la messe dominicale. C’est pourquoi, je vous invite à sanctifier les dimanches de Carême, par une célébration de la Parole de Dieu, à l’aide du déroulement ci-dessous (qui s’inspire de la proposition faite sur le site d’Aleteia avec le concours de la revue Magnificat).

Mode d’emploi pour sanctifier le 4ème dimanche de Carême

(Si l’on est seul, il est préférable de lire simplement les lectures et les oraisons de la messe de ce dimanche dans un missel.)

Cette célébration requiert au moins deux personnes présentes. Elle est particulièrement adaptée dans un cadre familial, amical ou de voisinage. Des voisins et des amis peuvent s’y joindre, mais on veillera alors à respecter les consignes pour éviter les risques de contagion.

En respectant la distance d’un mètre entre chacune, on place le nombre de chaises nécessaires devant un coin prière, avec par exemple une simple croix, ou un crucifix, une icône et une ou plusieurs bougies. On désigne la personne qui va conduire la prière : un diacre, un religieux ou une religieuse, le père ou la mère de famille… On désigne des lecteurs pour les lectures. On préparera si possible à l’avance une Prière universelle et on désignera la personne qui va la dire. On peut préparer des chants appropriés.

Célébration de la Parole de Dieu

Tous sont assis. Le Conducteur de la célébration prend la parole :

Frères et sœurs, aujourd’hui, en ce 4ème dimanche de Carême, des circonstances exceptionnelles nous empêchent de participer à la célébration de l’Eucharistie. Néanmoins, nous savons bien que lorsque nous nous réunissons en son Nom, le Christ Jésus est présent au milieu de nous. Et nous nous souvenons que lorsqu’on lit l’Écriture en Église, c’est le Verbe de Dieu lui-même qui nous parle. Sa parole est alors nourriture pour notre vie. C’est pourquoi nous allons ensemble, en communion avec notre diocèse de Corse et toute l’Église, nous mettre à l’écoute de cette Parole.

Au cours de cette célébration, nous prierons spécialement pour que cesse l’épidémie qui menace le monde, pour les personnes malades et celles qui sont décédées, pour leurs amis et leurs familles, pour le personnel soignant et tous ceux qui œuvrent au service des autres en luttant contre ce fléau. Maintenant, nous nous préparons à ouvrir nos cœurs, en faisant silence.

Après un temps de silence, tous lèvent et se signent en disant:

Au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. Amen.

Le Conducteur poursuit:

Pour nous préparer à accueillir la parole de Dieu et pour qu’elle nous transforme, nous nous reconnaissons pécheurs.

On dit ensuite le rite pénitentiel. Par exemple :

Je confesse à Dieu tout-puissant…

Le conducteur conclue :

Que Dieu tout-puissant et miséricordieux se montre favorable aux pécheurs que nous sommes, lui qui règne pour les siècles des siècles.

Amen.

On dit ou on chante :

Seigneur, prends pitié / Seigneur, prends pitié.

Ô Christ, prends pitié / Ô Christ, prends pitié

Seigneur, prends pitié / Seigneur, prends pitié.

Le Conducteur dit l’oraison :

Dieu qui as réconcilié avec toi toute l’humanité en lui donnant ton propre Fils, augmente la foi du peuple chrétien, pour qu’il se hâte avec amour au-devant des fêtes pascales qui approchent. Par Jésus, le Christ, notre Seigneur. Amen.

On prend les lectures du dimanche de Carême. Celui qui est chargé de faire la première lecture reste debout pendant que les autres s’assoient.

Lecture du premier livre de Samuel (1 S 16, 1b.6-7.10-13a)

En ces jours-là, le Seigneur dit à Samuel : « Prends une corne que tu rempliras d’huile, et pars ! Je t’envoie auprès de Jessé de Bethléem, car j’ai vu parmi ses fils mon roi. » Lorsqu’ils arrivèrent et que Samuel aperçut Éliab, il se dit : « Sûrement, c’est lui le messie,
lui qui recevra l’onction du Seigneur ! » Mais le Seigneur dit à Samuel : « Ne considère pas son apparence ni sa haute taille, car je l’ai écarté. Dieu ne regarde pas comme les hommes : les hommes regardent l’apparence, mais le Seigneur regarde le cœur. » Jessé présenta ainsi à Samuel ses sept fils, et Samuel lui dit : « Le Seigneur n’a choisi aucun de ceux-là. » Alors Samuel dit à Jessé : « N’as-tu pas d’autres garçons ? » Jessé répondit : « Il reste encore le plus jeune, il est en train de garder le troupeau. » Alors Samuel dit à Jessé : « Envoie-le chercher : nous ne nous mettrons pas à table tant qu’il ne sera pas arrivé. » Jessé le fit donc venir : le garçon était roux, il avait de beaux yeux, il était beau. Le Seigneur dit alors : « Lève-toi, donne-lui l’onction : c’est lui ! » Samuel prit la corne pleine d’huile, et lui donna l’onction au milieu de ses frères. L’Esprit du Seigneur s’empara de David à partir de ce jour-là.

Parole du Seigneur.

Nous rendons grâce à Dieu.

Celui qui fait la lecture du psaume se met debout, les autres restent assis.

Psaume 22 (Ps 22, 1-2ab, 2c-3, 4, 5, 6)

R/ Le Seigneur est mon berger :
rien ne saurait me manquer.

Le Seigneur est mon berger :
je ne manque de rien.
Sur des prés d’herbe fraîche,
il me fait reposer.

Il me mène vers les eaux tranquilles
et me fait revivre ;
il me conduit par le juste chemin
pour l’honneur de son nom.

Si je traverse les ravins de la mort,
je ne crains aucun mal,
car tu es avec moi :
ton bâton me guide et me rassure.

Tu prépares la table pour moi
devant mes ennemis ;
tu répands le parfum sur ma tête,
ma coupe est débordante.

Grâce et bonheur m’accompagnent
tous les jours de ma vie ;
j’habiterai la maison du Seigneur
pour la durée de mes jours.

Celui qui est chargé de faire la 2ème lecture se met debout pendant que les autres restent assis.

Lecture de la lettre de saint Paul apôtre aux Éphésiens (Ep 5, 8-14)

Frères, autrefois, vous étiez ténèbres ; maintenant, dans le Seigneur, vous êtes lumière ;
conduisez-vous comme des enfants de lumière – or la lumière a pour fruit tout ce qui est bonté, justice et vérité – et sachez reconnaître ce qui est capable de plaire au Seigneur. Ne prenez aucune part aux activités des ténèbres, elles ne produisent rien de bon ;
démasquez-les plutôt. Ce que ces gens-là font en cachette, on a honte même d’en parler. Mais tout ce qui est démasqué est rendu manifeste par la lumière, et tout ce qui devient manifeste est lumière. C’est pourquoi l’on dit : Réveille-toi, ô toi qui dors, relève-toi d’entre les morts, et le Christ t’illuminera.

Parole du Seigneur.

Nous rendons grâce à Dieu.

Tous se lèvent au moment où l’on dit ou chante l’acclamation de l’Évangile.

Gloire au Christ, Sagesse éternelle du Dieu vivant. Gloire à toi, Seigneur.

Moi, je suis la lumière du monde, dit le Seigneur.

Celui qui me suit aura la lumière de la vie.

Gloire au Christ, Sagesse éternelle du Dieu vivant. Gloire à toi, Seigneur.

L’Évangile, cependant, n’est pas proclamé, mais simplement lu. Celui qui en fait la lecture se contente de dire, avec sobriété:

De l’Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (Jn 9, 1-41)

En ce temps-là, en sortant du Temple, Jésus vit sur son passage un homme aveugle de naissance. Ses disciples l’interrogèrent : « Rabbi, qui a péché, lui ou ses parents, pour qu’il soit né aveugle ? » Jésus répondit : « Ni lui, ni ses parents n’ont péché. Mais c’était pour que les œuvres de Dieu se manifestent en lui. Il nous faut travailler aux œuvres de Celui qui m’a envoyé, tant qu’il fait jour ; la nuit vient où personne ne pourra plus y travailler. Aussi longtemps que je suis dans le monde je suis la lumière du monde. » Cela dit, il cracha à terre et, avec la salive, il fit de la boue ; puis il appliqua la boue sur les yeux de l’aveugle et lui dit : « Va te laver à la piscine de Siloé » – ce nom se traduit : Envoyé. L’aveugle y alla donc, et il se lava ; quand il revint, il voyait. Ses voisins, et ceux qui l’avaient observé auparavant – car il était mendiant – dirent alors : « N’est-ce pas celui qui se tenait là pour mendier ? » Les uns disaient : « C’est lui. » Les autres disaient : « Pas du tout, c’est quelqu’un qui lui ressemble. » Mais lui disait : « C’est bien moi. Et on lui demandait : « Alors, comment tes yeux se sont-ils ouverts ? » Il répondit : « L’homme qu’on appelle Jésus a fait de la boue, il me l’a appliquée sur les yeux et il m’a dit : ‘Va à Siloé et lave-toi.’ J’y suis donc allé et je me suis lavé ; alors, j’ai vu. » Ils lui dirent : « Et lui, où est-il ? » Il répondit : « Je ne sais pas. » On l’amène aux pharisiens, lui, l’ancien aveugle. Or, c’était un jour de sabbat que Jésus avait fait de la boue et lui avait ouvert les yeux. À leur tour, les pharisiens lui demandaient comment il pouvait voir. Il leur répondit : « Il m’a mis de la boue sur les yeux, je me suis lavé, et je vois. » Parmi les pharisiens, certains disaient : « Cet homme-là n’est pas de Dieu, puisqu’il n’observe pas le repos du sabbat. » D’autres disaient : « Comment un homme pécheur peut-il accomplir des signes pareils ? » Ainsi donc ils étaient divisés. Alors ils s’adressent de nouveau à l’aveugle : « Et toi, que dis-tu de lui, puisqu’il t’a ouvert les yeux ? » Il dit : « C’est un prophète. » Or, les Juifs ne voulaient pas croire que cet homme avait été aveugle et que maintenant il pouvait voir. C’est pourquoi ils convoquèrent ses parents et leur demandèrent : « Cet homme est bien votre fils, et vous dites qu’il est né aveugle ? Comment se fait-il qu’à présent il voie ? » Les parents répondirent : « Nous savons bien que c’est notre fils, et qu’il est né aveugle. Mais comment peut-il voir maintenant, nous ne le savons pas ; et qui lui a ouvert les yeux, nous ne le savons pas non plus. Interrogez-le, il est assez grand pour s’expliquer. » Ses parents parlaient ainsi parce qu’ils avaient peur des Juifs. En effet, ceux-ci s’étaient déjà mis d’accord pour exclure de leurs assemblées tous ceux qui déclareraient publiquement que Jésus est le Christ. Voilà pourquoi les parents avaient dit : « Il est assez grand, interrogez-le ! » Pour la seconde fois, les pharisiens convoquèrent l’homme qui avait été aveugle, et ils lui dirent : « Rends gloire à Dieu ! Nous savons, nous, que cet homme est un pécheur.  Il répondit : « Est-ce un pécheur ? Je n’en sais rien. Mais il y a une chose que je sais : j’étais aveugle, et à présent je vois. » Ils lui dirent alors : « Comment a-t-il fait pour t’ouvrir les yeux ? » Il leur répondit : « Je vous l’ai déjà dit, et vous n’avez pas écouté. Pourquoi voulez-vous m’entendre encore une fois ? Serait-ce que vous voulez, vous aussi, devenir ses disciples ? » Ils se mirent à l’injurier : « C’est toi qui es son disciple ; nous, c’est de Moïse que nous sommes les disciples. Nous savons que Dieu a parlé à Moïse ; mais celui-là, nous ne savons pas d’où il est. » L’homme leur répondit : « Voilà bien ce qui est étonnant ! Vous ne savez pas d’où il est, et pourtant il m’a ouvert les yeux. Dieu, nous le savons, n’exauce pas les pécheurs, mais si quelqu’un l’honore et fait sa volonté, il l’exauce. Jamais encore on n’avait entendu dire que quelqu’un ait ouvert les yeux à un aveugle de naissance. Si lui n’était pas de Dieu, il ne pourrait rien faire. » Ils répliquèrent : « Tu es tout entier dans le péché depuis ta naissance, et tu nous fais la leçon ? » Et ils le jetèrent dehors. Jésus apprit qu’ils l’avaient jeté dehors. Il le retrouva et lui dit : « Crois-tu au Fils de l’homme ? » Il répondit : « Et qui est-il, Seigneur, pour que je croie en lui ? » Jésus lui dit : « Tu le vois, et c’est lui qui te parle. Il dit : « Je crois, Seigneur ! » Et il se prosterna devant lui. Jésus dit alors : « Je suis venu en ce monde pour rendre un jugement : que ceux qui ne voient pas puissent voir, et que ceux qui voient deviennent aveugles. » Parmi les pharisiens, ceux qui étaient avec lui entendirent ces paroles et lui dirent : « Serions-nous aveugles, nous aussi ? » Jésus leur répondit : « Si vous étiez aveugles, vous n’auriez pas de péché ; mais du moment que vous dites : ‘Nous voyons !’, votre péché demeure. »

Aucune acclamation ne conclut la lecture et tous s’assoient. On garde le silence pour la méditation personnelle et silencieuse.

On peut prendre un moment de partage, à partir de questions comme celles-ci : que comprenons-nous de ces textes ? qu’est-ce qui nous touche, nous interroge, nous bouscule, nous éclaire ? En quoi rejoignent-ils notre actualité, notre vie personnelle ? etc.

Puis tous professent la foi de l’Eglise en disant le symbole des apôtres :

Je crois en Dieu, le Père tout-puissant, Créateur du ciel et de la terre. Et en Jésus Christ, son Fils unique, notre Seigneur ; qui a été conçu du Saint Esprit, est né de la Vierge Marie,
a souffert sous Ponce Pilate, a été crucifié, est mort et a été enseveli, est descendu aux enfers ; le troisième jour est ressuscité des morts, est monté aux cieux, est assis à la droite de Dieu le Père tout-puissant, d’où il viendra juger les vivants et les morts. Je crois en l’Esprit Saint, à la sainte Église catholique, à la communion des saints, à la rémission des péchés, à la résurrection de la chair, à la vie éternelle. Amen.

Tous restent debout et on fait la prière universelle, si elle a été préparée. Sinon, on peut exprimer librement telle ou telle intention.

À la fin, le Conducteur, introduit à la prière dominicale:

Unis dans l’Esprit et dans la communion de l’Église, nous osons prier comme le Seigneur Jésus lui-même nous l’a enseigné:

On dit ou on chante le Notre Père :

Notre Père…

Communion spirituelle

Le Conducteur dit :

Quand nous ne pouvons pas recevoir la communion sacramentelle à la messe, nous pouvons pratiquer la communion spirituelle ou communion de désir. Le Concile de Trente nous rappelle que celle-ci “consiste dans un ardent désir de se nourrir du Pain céleste, avec une foi vive qui agit par la charité et qui nous rend participants des fruits et des grâces du Sacrement”. La valeur de notre communion spirituelle repose donc sur notre foi en la présence du Christ dans l’eucharistie comme source de vie, d’amour et d’unité, et sur notre désir d’y communier. Dans cet esprit, je vous invite maintenant à vous asseoir, et à vous recueillir.

Silence

Au plus profond de notre cœur, laissons monter en nous le désir ardent de nous unir à Jésus, dans la communion sacramentelle, et de faire vivre ensuite son amour dans nos vies, en aimant les autres comme il nous a aimés.

On reste en silence un bon moment pour un cœur à cœur avec le Christ Jésus.

On peut chanter un cantique d’action de grâce.

On se met debout. Le Conducteur dit, au nom de tous, la formule de bénédiction :

Par l’intercession de saint N. [patron de la communauté de paroisses ou de la paroisse], de tous les saints et saintes de Dieu, que le Dieu de la persévérance et du courage nous donne de manifester par toute notre vie l’Esprit d’amour du Christ Jésus. Ainsi, d’un même cœur et d’une même voix, nous rendrons gloire à Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus Christ, pour les siècles des siècles!

Amen.

On peut clore la célébration en chantant une antienne ou un cantique à la bienheureuse vierge Marie.

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